chapitre 1...

chapitre 1...
- VA DANS TA CHAMBRE ET N'EN RESSORT PAS AVANT QUE JE TE LE DISE !
Ma mère... elle m'énerve ! Je la déteste ! Je fais ce qu'elle m'a dit de faire, mais cette fois, la suite sera différente. Voilà quelques jours que je prépare ma fugue. A la prochaine dispute qui allait éclaté, je partirais loin d'ici et ne reviendrais pas, enfin plus. J'avais économisé, préparé mon sac. Pris quelques provisions pour tenir quelques jours. Ma vie ne se résume qu'avec des « quelques »...
Je rentre dans ma chambre, la ferme à clefs. Je laisse un mot pour ma s½ur. C'est la seule qui va me manquer. Je reviendrais peut-être pour la chercher. Elle a seize ans. J'en ai dix-sept. Je pars. Loin. Très loin. Mais jamais trop. Ce qu'elle m'a dit était la goutte d'eau qui fais basculer le vase, car son eau a déjà débordé depuis longtemps. Je suis une erreur. Une bêtise. Elle aurait dût me tuer quand elle en avait l'occasion alors. La vie est invivable.
Je prends mon sac de sous mon lit. Ouvre la fenêtre. Saute (Sa maison n'est pas très grande). J'entends déjà des coups sur ma porte. Ma mère essaye sûrement de l'ouvrir. Il faut faire vite. Je commence à courir. Je passe par le mur qui sépare le jardin de la ville. Je suis debout sur le mur. Je regarde derrière moi. J'entends un grand fracas, ma mère apparaît à la fenêtre de ma chambre, elle me voit. Elle crie. Sort de ma chambre. Je saute du mur. Recommence à courir. Me prends quelques personnes au passage. Je n'ai pas le temps de m'excuser. Elle est derrière moi. Elle court, mais je suis plus rapide. Je me prends une autre personne, le choc fut plus brutal. Me voilà par terre. Merde. Elle me rattrape. Je me lève. Je m'excuse. Et recommence à courir. Je regarde derrière moi, la personne me regarde bizarrement. Je trébuche sur je-ne-sais-quoi et me revoilà par terre. La personne accourt, me tends la main que je prends volontiers. Il regarde derrière, et voit mère. Elle n'est plus qu'à quelques mètres. Il me regarde, je suis paniquée. Il me tire par le bras et commence à courir. Il m'emmène dans une ruelle. Prends à droite. Arrive près d'une échelle, la grimpe et ouvre une porte. Je rentre. Je regarde par une fenêtre qui donnait sur la ruelle. Ma mère. Perdue. Je l'avais semée, grâce à un inconnu.

# Posté le samedi 26 juillet 2008 10:27

Modifié le lundi 25 mai 2009 12:40

chapitre 2

chapitre 2
Je suis dans cette pièce. Je regarde l'inconnu. Il est grand. Des cheveux bruns, longs. Le visage très féminin, mais la carrure d'un homme. Il a de grands yeux en amande d'un marron envoûtant.
Il me regarde bizarrement, encore. Il entre-ouvre la bouche mais la referme immédiatement.


Moi : Euh... et ben... merci.

Lui : Qui fuyais-tu comme ça ?

Moi : Ca ne te regarde pas.


Il continue avec son regard interrogateur.


Moi : Quoi ? Tu veux des pâtes ?
*Oups, ça m'a échappé*

Heureusement, il a l'air de le prendre plutôt bien. Il fait un petit sourire. Regarde lui aussi par la fenêtre et me dit :

Lui : c'est bon, la voie est libre. Tu peux continuer à t'enfuir !

Moi : Je... ne m'enfuyais pas ! Je...

Lui : Pas besoin d'excuse, va !

Moi : Merci encore...

Lui : Mais c'est rien. Vas-y avant que ta mère ne revienne.

Moi : Comment tu sais que c'est ma...

Lui : La ressemblance. Dis, tu va aller où ?

Moi : Loin... très loin.

Lui : Alors vas-y, il faut du temps pour aller loin. Et tu n'en a plus beaucoup.

Moi : ???

Lui : Ta mère va sûrement appeler les gendarmes...


Pas besoin de discuter encore plus longtemps. Il a raison. Je prends la porte. Il m'attrape par le bras et me dit :

Lui : Fais attention à toi

Moi : De toute façon, si je meurs sois tu ne le sauras pas, sois tu t'en ficheras.

Lui : On ne se fiche jamais de la mort. Surtout celle des autres.

Moi : ... Va dire ça à ma mère, elle te rira au nez ! Adieu


J'enlève sa main de mon bras et redescend l'échelle. Arrivée en bas, je le regarde une dernière fois. Il a peur. Ça se voit. Pourquoi ? Il ne me connaît même pas. Aurait-il peur pour une inconnue ? Y-aurait-il quelqu'un d'assez humain dans ce monde pour s'inquiéter d'autrui ? J'en ai la preuve vivante devant moi. Il me fait un signe de la main, je souris. Me retourne et recommence à courir.

# Posté le samedi 26 juillet 2008 10:38

Modifié le lundi 25 mai 2009 12:43

chapitre 3

chapitre 3
Voilà. C'est fait. J'ai commencé ce que je ne m'aurais jamais cru capable de faire. Je fugue. Je vais loin de ma s½ur. Je ne sais pas dans combien de temps je pourrais la revoir. Elle a mon numéro de téléphone, nous pourrons tout de même garder contact. Elle était au courant pour mon plan. Elle s'y attendait à chaque dispute. Sauf celle là. Demain nous devions aller à un concert. Green Day. Elle est fan, mais ne voulait pas y aller toute seule. Je devais donc l'accompagner. Et je le ferais, je le lui ai promis. Ma mère n'étant pas au courant, bien sûr. C'est à une cinquantaine de kilomètres de là où nous habitons, enfin... où elle habite. Je n'habite plus là-bas depuis longtemps, mentalement parlant. Je rentre dans un bus. Je m'assois par terre par manque de place. Je suis en face d'un Dreadeux. Il ressemble étrangement à... Lui. Je ne connais pas son prénom. Il faut dire que nous n'avons pas vraiment eu le temps de taper la discussion. J'attends le terminus. Je veux être le plus loin possible d'elle. Et le plus proche possible pour le concert de demain.
56 minutes plus tard, le terminus sonne enfin. Je me lève, tout mes os craquent. Le Dreadeux aussi attendait le terminus. Je m'assois sur un banc, un peu plus loin. Le Dreadeux est complètement paumé. Il n'arrête pas de tourner en rond. Il m'aperçoit et se rapproche.


Dreadeux : dis... tu ne saurais pas par où c'est pour aller au summum de ********

Moi : si... je vais m'y rendre aussi.

Dreadeux : a... ah bon ?

Moi : oui, suis-moi.


Nous commençons donc à marcher. Tout en discutant.
Il s'appelle Tom, lui aussi va voir le concert de Green Day avec son frère jumeau. Il fait parti d'un groupe de rock. Il est guitariste. Son frère, chanteur. Deux autres amis le rejoindront, le batteur et le bassiste du groupe. Nous arrivons au summum. Nous sommes les premiers. Nous installons nos sacs de couchage. Nous dormirons ici ce soir. Après, il faudra que je trouve un endroit plus convenable pour les autres nuits. Mais bon, « on pense toujours au futur sans jamais savoir s'il y en aura un », dit-on. Vivre au jour le jour. Profiter de l'instant présent. Carpe Diem.


Tom : Lucie ? Tu m'écoute ?

Moi : Quoi ?

Tom (rigolant) : Je viens de te demander si tu m'écoutais. J'ai eu ma réponse.

Moi (gênée) : Excuse-moi, j'étais perdu dans mes pensées.

Tom : Tu connais l'essentiel de ma vie. Tu ne m'as pas dit un mot sur la tienne.

Moi :Je n'aime pas parler de ma vie... J'ai une s½ur, de 16 ans. Je déteste ma... mère.

Tom : ... Et ton père ?

Moi : Disparu de la circulation quand j'avais 10 ans.

Tom : Et bien...Parle-moi de tes amis !

Moi : C'est assez simple, je n'en ai pas. Sauf ma s½ur.

Tom : Désolé... Après tout, je saurais un peu plus sur ta vie le moment venu.

Moi : Il n'y en aura peut-être pas.

Tom : Alors ça ne sert à rien que je le sache si on ne se revoit plus après.

Moi : ...Bonne nuit !

Tom : Juste une dernière question. Tu dis détester ta mère, elle a pourtant bien voulu que tu viennes dormir dans la rue, que tu ailles à un concert. Je ne comprends pas pourquoi tu la déteste autant.

Moi (sourire): Tu poses des questions vraiment simple tu sais. Elle n'est tout simplement pas au courant que je suis ici...

Tom : Quelle est l'excuse que tu lui as donné alors ?

Moi : Je ne lui en ai pas donné. Et pour le « je ne comprends pas pourquoi tu la déteste autant » tout simplement, si ta mère te disais que tu étais une erreur, une simple bêtise. Tu la porterais dans ton c½ur, toi ?

Tom : Désolé. Bonne nuit.

# Posté le samedi 26 juillet 2008 10:47

Modifié le lundi 25 mai 2009 13:24

chapitre 4

chapitre 4
Je me réveille. J'ai mal à la tête. Je me tourne et vois Tom qui me regarde.


Moi : Qu'est-ce qui a ?

Tom : Rien...Je pensais à ce que tu me disais hier soir...

Moi : Laisse tomber, c'est du passé, oublie tout ça, je tacherai de faire de même.

Tom : Tu ne pourras pas, ton passé fait parti de ta vie, le passé est une chose qui nous ronge tous.

Moi : Il fait peut-être parti de ma vie, mais je n'ai pas commencé à vivre. Je renais à chaque fois que je me trouve loin de ma... mère.

Tom : C'est quand même elle qui t'a donné vie !

Moi : Non, elle ne peut pas donner vie. C'est un monstre Tom !


En disant cela je laissai échapper une larme que j'essuyai immédiatement. Pleurer pour mon passé n'en vaut pas la peine. Comme son nom l'indique, il est passé. Nous ne pouvons pas changer le cours des choses. C'est comme ça et pas autrement.
Un « bip » retentit. Tom prends son portable. Et part quelques mètres plus loin.
5 minutes plus tard, il revient.


Tom : Tu veux manger quelque chose ? Il y a une épicerie pas loin.

Moi : Ouais ! Je meurs de faim...

Tom : Mon frère va nous rejoindre, je lui ai donné rendez-vous à l'épicerie.

Moi : Ok ! Je peux amener ma s½ur aussi ?

Tom : Bien sûr, pourquoi tu me demande ?

Moi : Par politesse.


Je pars un sourire aux lèvres, je prends mon portable et lui téléphone.

... : Allô ?
Moi : Bridget ? C'est moi.
Bridget : Enfin ! T'en a mis du temps pour m'appeler ! J'étais morte d'inquiétude !
Moi : Euh... je suis devant le summum. Tu veux venir manger un bout avec nous ?
Bridget : Qui ça « nous » ?
Moi : Une personne que j'ai rencontré devant le summum et son frère.
Bridget : Ok ! J'arrive. Juste le temps d'échapper à La Marie (notre « mère »).
Moi : Fais attention surtout.
Bridget : Je serais là dans une heure à peu près.
Moi : A tout à l'heure. Bise.


Je retourne voir Tom et lui dit qu'elle n'arrivera que dans une heure.

Tom : Tant mieux, Macky aussi. Euh, 'fin... mon frère aussi.

Moi : Macky ?

Tom : Ouais... c'est son surnom. En réalité, il s'appelle Bill. Macky c'est le nom que ma grand-mère lui a donné parce qu'il adore aller au Mac Do.


Je laissais échapper un sourire. Il avait l'air d'avoir une vie rempli de joie. Il avait aussi l'air d'aimer la vie, une chose que je n'arriverais sûrement jamais à faire, croire que la vie peut être belle.

# Posté le samedi 26 juillet 2008 11:54

Modifié le lundi 25 mai 2009 13:27

chapitre 5

chapitre 5
Ellipse d'une heure.


Le bus de ma s½ur arriva à destination. Je la vis sortir, toujours aussi belle. Ses longs cheveux blond et raide lui tombent sur les épaules. Ses yeux, légèrement surligné d'un fin trait noir, me cherchent. Elle m'aperçoit, un large sourire se dessine alors sur son visage angélique. Elle commence à courir vers moi et me saute dessus en s'écriant :

Bri' :La prochaine fois, tu me préviens avant de me faire une frayeur pareille ! La Marie a cru que j'étais dans le coup...

Moi : Ne t'inquiète pas, il n'y aura pas de prochaine fois.

Bri' (les larmes aux yeux) : Alors... c'est pour de bon ? Tu me laisses, seule... là-bas ?

Moi : Bri'... Je ne te laisserai jamais seule. Il faut juste que je trouve un boulot et un appart' et après tu viens vivre avec moi ! Je ne te laisserai pas en présence de cette vieille peau...

Bri' : Alors vivement que tu trouve un job...

Tom arriva derrière Bri', je lui souris et lui présenta Bridget. Il me dit que son frère aussi était arrivé. Il nous amena vers l'épicerie. Je cru que mon c½ur avait fait un bond...
C'était Lui. Celui qui m'avait aidé à échapper à Elle. Je crois qu'il me reconnut aussi vite que moi. Et aussi surpris je crois.

Tom: Bah... Lucie, voilà Bill. Et Bill...

Bill (le coupant) : Qu'est-ce que tu fais là ?

Moi : Je... J'ai... Enfin...


Il l'avait dit tellement sèchement... Ce n'était pas le même que j'avais écouté hier. Pourtant si. Il me semblait qu'il était... différent. Mais non. Je me suis emportée. J'ai espéré tellement de fois qu'il y avait peut-être des gens biens dans ce monde que j'ai cru qu'il pouvait être un de ceux que je recherchais et ... Je ne trouve plus les mots. Je suis trop naïve. Voilà les bons mots.
Une voix me fait sortir de mes pensées.


Tom : Vous... vous connaissez ?

Bill : Oui, on a eu une occasion de se parler.

Tom : Pourquoi tu ne me l'as pas dit ?

Moi : Je...Je ne savais pas que c'était de lui que tu parlais... Et je... je ne veux pas en parler.

Bill : Pourquoi ? Qu'est-ce que ça va te faire si tu lui dis ?

Moi : Ca ne lui apportera rien de la savoir !

Bill : Si ! Un peu de vérité dans tout ce que tu lui diras !

Moi : ...Va te faire foutre, sale con.


Nous avions commencé a crier, et cette dernière phrase m'avais échappé en un chuchotement. Qu'est-ce qui m'a pris ? Je n'en sais rien. C'est un étranger, je ne le connais pas. Il n'y a pas de raison de dire tout mon passé à des inconnus. Je me tourne vers Bri' et lui dit :

Moi : Je...Je pense que tu va devoir aller à ce concert toute seule Bri'. Désolé.

Je commence à courir. Quelque part. Je ne sais où. Ailleurs. Loin. Loin de ce monde. Loin des gens. Vers la solitude. Vers la paix. Je suis stupide. Je préfère l'inexistant, le rêve, l'imaginaire, à ma s½ur.

Pourtant il m'est impossible de faire demi-tour.

# Posté le samedi 26 juillet 2008 12:37

Modifié le lundi 25 mai 2009 13:30